Il s’installe dans une ville qu’il ne connaît pas, où il n’était jamais venu, pour écrire un livre qui sera un portrait (description) de cette ville: un ouvrage de commande, où l’on trouvera les récits des rencontres qu’il fera avec certains habitants, dans certains lieux, le tout augmenté de transcriptions d’interviews. Il habite cette ville une année durant, loge dans un appartement qui est la propriété de son éditeur, dont celui-ci a hérité sans l’avoir jamais occupé, explique-t-il, où il lui est arrivé de rendre visite à ses parents (les parfums confinés dans le recul et la demie obscurité de leur chambre, un miroir au-dessus de la cheminée, sur la tablette, des peignes et des brosses, quelques objets de culte), mais où il n’a jamais dormi et où il n’est pas retourné depuis le décès de son père, voici longtemps. L’éditeur lui donne la clé et dit: “Tu verras, tu ne manqueras pas de place pour installer ton matériel”. Un appartement beaucoup trop vaste pour les besoins d’un journali...
Rhizome urbain